Présidentielle 2012 : sale temps sur la campagne

Présidentielle 2012 : sale temps sur la campagne
Présidentielle 2012 : sale temps sur la campagne
Dans cette photo : Nicolas Sarkozy
Notre éditorialiste Sonia Mabrouk décrypte le buzz politique de la semaine. En traitant Nicolas Sarkozy de « sale mec », François Hollande a enflammé ce début de campagne présidentielle qui s'annonce pour l'instant plus riche en invectives qu'en propositions concrètes.
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Il aura suffi d’une petite phrase (deux mots précisément) pour chauffer les esprits et provoquer des haut-le-cœur dans une partie de la classe politique. « Sale mec » a ainsi donné lieu à une sale polémique qui elle-même a donné une sale image de la politique. Mesquine, caricaturale, la politique est apparue très éloignée (encore une fois) des préoccupations des Français. Et personne ne semble en être sorti gagnant. Ni l’insulteur (qui n’a d’ailleurs même pas prononcé la phrase telle quelle), ni l’outragé dont les fidèles lieutenants sont immédiatement montés au front comme un seul homme pour défendre l’honneur sali de leur maître. Pas de vainqueur donc. Sauf peut-être les extrêmes et l’abstention.

Alors pourquoi tout ce charivari ? Parce que la campagne présidentielle, la vraie, celle de la confrontation des idées, n’a pas encore commencé. Faute de s’affronter sur le terrain des propositions et des projets, les principaux prétendants à l’Elysée se lancent des noms d’oiseaux, s’invectivent et se jaugent.

Et puis il y a une deuxième raison. Au fond, tout cela est terriblement banal. De tout temps, depuis que la politique existe, l’injure a rythmé le débat public. On peut remonter les siècles, on trouvera toujours des traces de petites phrases assassines. Ainsi, Cicéron en faisait un usage régulier lors de ses prises de parole pour éveiller l’intérêt du public et décocher des flèches à ses détracteurs. Les bons mots acerbes sont donc une tradition dans l’arène politique. Il s’agit même d’un point commun entre les responsables de droite, de gauche et du centre. Tous ou presque emploient insultes, vexations et agressions verbales. Souvenez-vous : « Bayrou fait l’impression de l’amant qui craint la panne… » (Ségolène Royal) ; « Fabius est au Premier ministre ce que le Canada Dry est à l’alcool » (Charles Pasqua), « Kouchner ? Un tiers mondiste, deux tiers mondain » (Xavier Emmanuelli), « Hervé Morin a l’influence d’une punaise et le charisme d’une praire » (Nicolas Sarkozy).

Finalement tout cela reste « bon enfant » quand on sait qu'aux Etats-Unis, les candidats paient à coups de millions des publicités pour littéralement détruire leurs adversaires. Quand on se compare, on se console…

Crédit photo : AFP

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