Présidentielle 2012 : Docteur Jean-Luc et Mister Mélenchon

Présidentielle 2012 : Docteur Jean-Luc et Mister Mélenchon
Présidentielle 2012 : Docteur Jean-Luc et Mister Mélenchon
Cette semaine, notre éditorialiste Sonia Mabrouk se penche sur le cas Mélenchon. Qui se cache dernière le candidat du Front de gauche, agitateur bien connu pour ses coups de gueule médiatiques, qui au début du mois appelait de ses vœux un « grand chamboule-tout » en 2012 ?
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Il est sans doutes le plus complexe des candidats à la présidentielle. Jean-Luc Mélenchon n’est pas forcément celui que l’on croît. Bien sûr, on connaît tous son côté « grande gueule », provocateur, pourfendeur du système et de l’ordre traditionnel établi. Il aime d’ailleurs se présenter ainsi. Mais la caricature a ses limites. Lorsqu’un dessin de Plantu paru dans l’Express du 19 janvier 2011 le représente aux côtés de Marine Le Pen, le poing droit levé et scandant « Tous pourris », le candidat du Front de gauche s’indigne. Il est touché. Tout en assumant son côté « populiste », il rejette violemment cette comparaison avec la présidente du Front National. Jean-Luc Mélenchon vise certes les électeurs tentés par le FN mais il n’en prend pas la couleur. Non, sa couleur à lui, c’est le rouge vif, même si il est passé par le rose socialiste il y a quelques années.

Mélenchon trompe son monde. Ce fils d’une institutrice et d’un employé des postes, jamais passé par l’ENA, est très loin de l’image qu’on lui colle du « trublion de la gauche ». A la force du poignet, il a gagné le droit d’être là sur le podium des présidentiables. Il ne croit pas sérieusement en ses chances de devenir président, mais il compte bien troubler la partie. Grâce à son indéniable talent d’orateur, ce tribun du peuple joue désormais dans la cour des grands. Et dans cette élection, il a tout à gagner. Ministre d’un gouvernement de gauche ? Jamais, répond-il, sauf si des circonstances graves et exceptionnelles l’exigent. Car Mélenchon, le candidat antisystème n’en est pas moins un vrai républicain. Si François Hollande décide de faire appel à lui « au nom de l’intérêt général », il ne dira pas non mais à ses conditions.

Quel que soit le résultat au soir du 6 mai 2012, Jean-Luc Mélenchon est bien décidé à faire bouger les lignes. Il joue là son meilleur rôle, celui qu’il attendait depuis longtemps : le porte-parole des invisibles. Ce natif de Tanger, révélé en Mai 68 puis formé à l’école de Mitterrand, croit savoir que son heure est arrivée. Ce sera sa dernière grande bataille politique. Après, peut-être pourra-t-il enfin se consacrer à son rêve secret : « écrire un roman d’amour » comme il le confiait cette semaine au magazine Gala. Décidément cet homme-là a bien deux facettes : le dur-à-cuire cache un vrai sentimental…

Crédit photo : BFMTV

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