Gouvernement Ayrault : l'heure des premières décisions

Gouvernement Ayrault : l'heure des premières décisions
Gouvernement Ayrault : l'heure des premières décisions
Dans cette photo : François Hollande
C'est l'heure des premiers chantiers du gouvernement Ayrault : le Premier ministre réunit son équipe en un séminaire pour s'attaquer aux grands dossiers qui attendent la France en période de crise. Objectif : trouver 7,5 milliards d'euros pour financer les priorités du gouvernement.
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Un mois et demi après la victoire de François Hollande à la présidentielle, il est temps pour lui et son gouvernement de rentrer dans le vif du sujet. Chômage, crise européenne, croissance, Smic : les chantiers ne manquent pas. C’est dans cette optique que Jean-Marc Ayrault a réuni lundi ses ministres en un séminaire « sur le budget pluriannuel et le projet de loi de finances pour 2013 ». L’objectif étant également de réaliser des économies : l’État doit trouver 7,5 milliards d’euros pour honorer les promesses de campagne de François Hollande.

« Aujourd'hui les hypothèses de travail sont sur la table sans qu'aucun arbitrage n'ait été rendu », a déclaré vendredi Najat Vallaud-Belkacem, la porte-parole du gouvernement. « Dans ce cadre, nous veillerons à respecter les règles de responsabilité budgétaire avec l'objectif que nous nous sommes toujours fixé (...) de retour à l'équilibre des comptes à l'horizon 2017 », a-t-elle assuré.

Maîtriser les déficits publics
Priorité numéro un : ramener les comptes publics vers le chemin de l’équilibre. Le gouvernement se doit de maîtriser les déficits publics et s’est engagé à le ramener à 4,5% du PIB. Une promesse qui demande de trouver entre 7,5 et 10 milliards d’euros d’économie supplémentaire, selon les estimations. Une somme qui proviendra essentiellement d’une hausse des impôts. Parmi les mesures prévues et qui devraient être annoncées le 4 juillet prochain, lors de la présentation de la loi de finance rectificative pour 2012, une contribution exceptionnelle pour les assujettis à l’ISF. Autres ressources : la réduction des allègements des droits de succession, un prélèvement de 3% sur les dividendes, ou encore la suppression des exonérations de charge sociale dont bénéficient les entreprises sur les heures supplémentaires.

Autre chantier à mener en parallèle : la réduction des dépenses publiques. Alors que François Hollande s’est engagé à augmenter le nombre d’enseignants, de magistrats, de policiers et de gendarmes, d’autres ministères vont devoir réduire leurs dépenses, voire diminuer leurs effectifs en retour. Matignon a cependant démenti des chiffres publiés jeudi par Le Figaro, selon lesquels le gouvernement compte baisser de 2,5% par an les effectifs de la fonction publique hors les trois secteurs de l’Éducation, la Justice et l'Intérieur.

Le chantier européen
Dans un contexte européen orageux, et alors que les 27 dirigeants européens se réunissent jeudi à Bruxelles pour un conseil crucial, François Hollande va également devoir adoucir la politique de rigueur et respecter cet engagement phare de sa campagne. Lors d’un mini-sommet vendredi à Rome, les dirigeants allemand, français, italien et espagnol se sont mis d’accord pour soutenir la croissance. Reste que M. Hollande et Angela Merkel conservent de nombreux différends, notamment sur la question des euro-obligations.

Enfin, mesure phare annoncée par le président et son gouvernement, le coup de pouce donné au Smic sera finalement limité. La hausse se révèlera finalement modeste, étant comprise entre 2,2 et 2,4%. Cette augmentation devrait être effective à partir du mois de juillet.

Crédit photo : AFP

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