Cette vidéo réjouissante fustige le sexisme dont sont victimes les femmes patronnes

"Et si on posait les mêmes questions aux hommes qu'aux femmes ?". C'est ce que propose le spot drôlatique d'une campagne intitulée #SiJétaisElles, et fustigeant le sexisme dont sont victimes les femmes patronnes et entrepreneures. Une vidéo ironique et réjouissante.
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Mieux vaut en rire qu'en pleurer. C'est un peu le message de #SiJétaisElles, une nouvelle campagne visant à dénoncer le sexisme dont sont victimes les femmes dirigeantes, patronnes et entrepreneures. Le tout à travers une vidéo qui manie plutôt très bien l'ironie. Une initiative bienvenue du collectif féministe Sista.

Cette vidéo réjouissante dévoile une série d'entretiens avec des entrepreneurs (Xavier Niel, Frédéric Mazzella, François-Henri Pinault) à qui une fausse journaliste décoche une série de questions habituellement réservées aux femmes. Florilège : "Vous trouvez que c'est encore dur pour un homme, en 2022, de privilégier sa carrière ?", "Comment vous gérez le syndrome de l'imposteur ?", "Est-ce que vous arrivez à ne pas vous laisser submerger par vos émotions ?", ou encore : "C'est quoi votre morning routine ?" (oui oui).

Ce faisant, ces entretiens plus vrais que nature (aux interlocuteurs très déconcertés par ailleurs) met en lumière les réflexes genrés des journalistes, dont les questions révèlent un sexisme inconscient mais certain. Mais ils suggèrent également la différence de traitement évident entre les dirigeants et les dirigeantes.

"L'idée est de se dire que collectivement, on a un certain nombre de biais. Il s'agit de déconstruire par l'humour. L'idée n'est pas du tout de pointer du doigt. L'idée est juste de dire que d'un point de vue systémique, on est tous malheureusement extrêmement biaisés", détaille du côté du site d'informations franceinfo l'entrepreneure Tatiana Jama, cofondatrice du collectif Sista.

"Ca met tout le monde mal à l'aise"

Pour concevoir cette vidéo, détaille l'entrepreneure féministe à franceinfo, l'équipe s'est entourée de l'agence Mots-clés afin de passer au crible les mots et tournures qui reviennent le plus au fil de pas moins de 118 articles bien choisis dans la presse. "Quand on analyse tout ça, on se rend compte notamment que les verbes d'action sont destinés aux hommes : les hommes décident, et les femmes vont réfléchir ou vont essayer. C'est extrêmement subtil", décrypte l'interlocutrice.

Comme une chasse à la misogynie implicite et autre "sexisme bienveillant". Autre réflexe rhétorique trop profondément enfoui, l'usage de l'expression "jeune femme", là où "jeune homme" est bien souvent aux abonnés absents. Une nouvelle pique à l'encontre de la légitimité des entrepreneures s'il en est. Pour Tatiana Jama, il y a tout un "marketing des inégalités".

"On a bien rigolé en réalisant cette vidéo, et on en rigole encore. Ce qui est assez génial, c'est que c'est une expérience universelle. En fait, cela met mal à l'aise tout le monde que ce soit les hommes ou les femmes. Je pense que c'est pour ça que ça marche", se réjouit enfin Tatiana Jama. Un amusement partagé.