Pourquoi il faudra absolument mater les conférences "Le féminisme n'a jamais tué personne"

Des manifestantes se rassemblent à Toulouse, le 25 novembre 2020, lors d'une manifestation contre la violence patriarcale marquant la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes.
Des manifestantes se rassemblent à Toulouse, le 25 novembre 2020, lors d'une manifestation contre la violence patriarcale marquant la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes.
Même au temps du couvre-feu, les conversations féministes passionnées se poursuivent du côté de la Bpi. La Bibliothèque publique d'information du Centre Pompidou de Paris propose dès le 18 janvier 2021 un cycle de conférences en ligne sur la parole militante et révolutionnaire. Et on ne ratera pas ça.
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Prendre le pouls d'une parole féministe et révolutionnaire plus de trois ans après les prémices du mouvement MeToo. C'est là le leitmotiv d'un cycle de conférences initié par la Bpi (Bibliothèque publique d'information du Centre Pompidou à Paris) et dont les contenus seront mis en ligne dès le 18 janvier prochain sur le site de l'institution. Le nom de ce cycle riche en voix singulières ? "Le féminisme n'a jamais tué personne".

Une réplique-choc. Nous la devons à une figure historique des mouvements féministes hexagonaux, Benoîte Groult. Militante emblématique de la France des années soixante-dix, penseuse, passionnée d'histoire, empêcheuse de tourner en rond, l'écrivaine a un jour décoché un fameux "Le féminisme n'a jamais tué personne, le machisme tue tous les jours". Une punchline encore trop d'actualité à l'heure des nouvelles mobilisations féministes.

L'esprit érudit de Benoîte Groult hante bien des manifestations contemporaines, et semble également planer sur la série de conférences qui se profile et devra prendre place jusqu'au mois de mars prochain. On vous déplie le menu.

Des voix plurielles et militantes

Au fil de ces conférences qui seront retransmises sur le site de la Bpi, mais aussi sur la page Facebook de l'établissement, on pourra entendre les paroles conjointes de profils militants et érudits : l'autrice et réalisatrice Ovidie, l'activiste Anaïs Bourdet (fondatrice du projet Paye Ta Shneck et de la boutique en ligne féministe Mauvaise Compagnie), l'écrivaine Valérie Rey-Robert, instigatrice du blog Crêpe Georgette et autrice de l'essai de référence Une culture du viol à la française, mais aussi la philosophe féministe Camille Froidevaux-Metterie, l'anthropologue du genre et de la santé Mounia El Kotni, ou encore l'essayiste et critique Iris Brey.

Des voix qui ne seront pas de trop pour décortiquer le constat global relayé sur le site de la bibliothèque : "Trois ans après la révolution #MeToo, difficile de croire que l'égalité entre hommes et femmes se soit désormais imposée partout, ou ou que les problèmes de domination soient réglés pour toutes les femmes, quels que soient leurs origines et leurs parcours sociaux. Des combats restent à mener, mais comment porter la parole féministe ?".

Une question majeure s'il en est. La philosophe, auteure et professeure à l'Université Paris 8 Elsa Dorlin est la conseillère scientifique de ce cycle passionnant. En parallèle, la BPI propose une abondance de ressources bibliographiques diverses ici-même. De quoi occuper vos futures journées et nuits confinées. Sans baisser la garde.

Le programme :

Lundi 18 janvier • 18h30

Violences sexistes : quand les femmes prennent la parole

"Féminicides, viols, harcèlement : les violences faites aux femmes sont multiples et révèlent une organisation du monde centrée sur le pouvoir des hommes. Par leurs paroles, leurs actions, leurs écrits, de nombreuses femmes s'élèvent contre cet état de fait pour en dénoncer et en démonter les mécanismes. Mais à l'ère #MeToo, cette parole est-elle bien entendue ? Comment peut-on encore lutter contre les violences sexistes ?"

Avec Valérie Rey-Robert, écrivaine, créatrice du blog Crêpe Georgette Anaïs Bourdet, fondatrice du projet Paye Ta Shnek, co-animatrice du podcast Yesss Ovidie, réalisatrice, journaliste, écrivaine et actrice.

Animée par Elsa Dorlin, philosophe, auteure et professeure à l'Université Paris 8.

Lundi 22 février • 19h

Conférence 13 minutes : le féminisme

"Un thème, cinq intervenantes. Chacune a treize minutes pour traiter le sujet en fonction de son expérience professionnelle, son domaine de recherche ou son parcours personnel. Cinq points de vue singuliers pour une approche plurielle du féminisme."

Avec Camille Froidevaux-Metterie, philosophe, professeure de sciences politiques, autrice de La révolution du féminin (Folio Essais, 2020) et de Seins. En quête d'une libération (Anamosa) Noémie de Lattre, actrice et metteuse en scène Geneviève Brisac, écrivaine, autrice de Sisyphe est une femme (Éditions de l'Olivier) Iris Brey, journaliste et critique de cinéma, autrice de Le Regard féminin et Sex and the series (Éditions de l'Olivier) Mounia El Kotni, chercheuse en anthropologie du genre et de la santé, chercheuse associée à l'Université de l'Etat de New York à Albany.

Lundi 8 mars • 19h

Quand imaginaires et plaisirs féministes se libèrent

"Depuis une décennie, la révolution féministe a pris appui sur les réseaux sociaux pour faire entendre sa voix. Facebook, Instagram, Twitter, et podcasts en tous genres ont permis de dénoncer la domination masculine grâce à l'intersectionnalité tout en abordant des sujets considérés jusque-là comme tabous : les règles, le clitoris, la masturbation,... En quoi ces modes de prises de paroles et d'actions peuvent se transformer en véritable empowerment ?"

Avec Fania Noël, essayiste, militante afro-féministe, Ph.D candidate en sociologie à The New School for social research (New York) Elvire Duvelle-Charles, journaliste, réalisatrice et activiste féministe, co-autrice du compte Instagram Clit Révolution Élise Thiébaut, autrice de Ceci est mon sang (La Découverte, 2017), Mes ancêtres les gauloises (La Découverte, 2019)

Animée par Charlotte Bienaimé, productrice de radio, productrice d'Un Postcast à soi.