J'ai testé pour vous : le massage des seins "pour libérer sa poitrine"

J'ai testé pour vous : le massage de seins "pour libérer sa poitrine"
J'ai testé pour vous : le massage de seins "pour libérer sa poitrine"
Une coach en sexualité qui a succombé au mouvement "no bra" il y a cinq ans prône les bienfaits de l'auto-massage des seins. Selon elle, l'acte serait aussi efficace physiquement que psychologiquement. Forcément, j'ai voulu tester.
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"Plus qu'un phénomène, il s'agit d'une véritable révélation dans la réappropriation de son corps et les bienfaits qui y sont associés au niveau bien-être et santé." En lisant cette phrase d'introduction à une vidéo intitulée "Enlève ton soutif et masse-toi les seins !" , j'oscille entre lever les yeux au ciel et cliquer sur le lien. Pour tout dire, je visualise mal en quoi plaquer mes mains sur mes seins m'aidera à me sentir mieux dans ma peau. Ça sonne plutôt douloureux.

Mon esprit fixe aussi l'expression, courante, de "réappropriation de son corps". Tout un programme empreint d'optimisme qui prône l'affranchissement des carcans. Nécessaire. Mais qui peut parfois foutre une jolie pression : Comment faire pour me réapproprier mon corps ? Comment savoir si je me suis réapproprié mon corps ? Pourquoi mon corps devrait-il être "réapproprié" ? Qui va gagner Top Chef ? Je divague.

Toujours est-il que le concept me laisse perplexe.

Seulement voilà, qui suis-je pour juger un rituel émanant d'une "véritable révélation" vécue par son autrice, la coach en sexualité féminine Emmanuelle Balbi, avant même de l'avoir testé ? Je range donc mon aigreur passagère (et pas vraiment justifiée), je lance la vidéo, et je me fais une tisane relaxante.

"Un massage quotidien"

Déjà, un bon point : le clip fait trois minutes. J'interprète ça comme un indice que l'experte va droit au but, et surtout que la manipulation de ma poitrine ne nécessite pas des connaissances démesurées en anatomie. Un avantage non négligeable pour la cancre que je suis en Sciences et Vie de la Terre. Ce qui n'a pas empêché, soit dit en passant, mes professeur·e·s de rester extrêmement bienveillant·e·s, ou plutôt incroyablement attendri·e·s devant l'échec inédit que je représentais.

Mais je divague encore.

Emmanuelle Balbi entame donc son cours en ligne par une éloge du "no bra", ce mouvement qui incite à, très simplement, ne plus porter de soutien-gorge. Pour des raisons politiques mais aussi physiologiques, puisque, elle l'explique, maintenir ses seins fermement à l'aide de tissu et d'armatures compressantes (et oppressantes) ne viendrait que nuire à leur épanouissement. Mouvement que j'ai rejoint pendant le confinement.

Le cours d'Emmanuelle Balbi, coach en sexualité féminine.

"Les études scientifiques ont démontré que le port du soutien-gorge aurait tendance à obstruer la libre circulation du liquide lymphatique qui se situe justement au niveau de la poitrine", affirme-t-elle. "Et cela aurait pour conséquence de favoriser des fibroses, des kystes, voire le cancer". Autre effet lié à la pratique largement répandue dans le monde occidental : une distension des tissus et ligaments porteurs.

Emmanuelle Balbi le martèle : "L'idée qu'une poitrine aurait besoin d'un soutien pour éviter les effets néfastes de l'apesanteur est absolument erronée. Une poitrine libérée de toutes contraintes peut tout à fait retrouver du tonus, de la tenue et un galbe harmonieux."

Et d'introduire la solution miracle : "Cela passe par un massage quotidien tel qu'il est préconisé par les médecins chinois taoïstes." Nous y voilà. L'astuce est (très) simple, il suffit de se masser les seins, de façon circulaire, trente-six fois dans un sens, trente-six fois dans l'autre, et ce, tous les matins. J'ai une semaine devant moi, je me lance.

"On sourit à ses cellules"

Avant toute chose, pour citer Jackie Quartz : juste une mise au point. Tous les galbes sont harmonieux, toutes les formes de seins sont belles. Toniques ou molles ou medium, poire ou pomme ou fenouil. Le but de cette manoeuvre reste davantage de prendre soin de soi, et si possible de s'accepter telle que l'on est, que de finir par chercher à coller aux standards dont on souhaite justement se détacher.

Cela étant dit, place à la pratique. Il est neuf heures du matin au premier jour de l'expérience. Je m'installe en tailleur sur le lit, torse-nu, les paumes de mes mains sur ma poitrine, les mots de la coach dans la tête pendant que j'effectue les fameux mouvements circulaires : "C'est important que ce soit une pratique plaisir, on écoute son ressenti et on se sourit à soi-même. On adopte le sourire intérieur des Taoïstes, on se sourit à soi, on sourit à ses cellules, on sourit à son corps. C'est un véritable acte d'amour qu'on s'offre à soi-même à ce moment-là".

Je chasse la comparaison avec Nassim des Petits Mouchoirs de mon esprit ("Ton corps te dira merci, c'est un très beau cadeau que tu lui fais") et je me concentre sur ma tâche. Je ferme les yeux pour... Je ne sais pas vraiment pourquoi en réalité mais ça m'aide à me défaire de mes pensées distrayantes. Et je "stimule le mamelon", comme poétise Emmanuelle Balbi.

Un moment à soi

Si elle conseille de ne pas vraiment compter les tours, je le fais quand même. Sept jours d'affilée, mais sans huile végétale de pâquerette comme recommandé. Cette routine permettrait de stimuler les glandes mammaires mais aussi toutes les glandes hormonales du corps, et donc d'améliorer le confort des cycles.

Bilan : forcément, en une semaine, je ne ressens pas encore de révélation d'un point de vue physique. J'ai même des petites courbatures (mais j'ai dû y aller un peu trop fort). Ce que je remarque en revanche, ce sont les bienfaits sur mon équilibre personnel de ces quelques minutes quotidiennes passées à ne rien faire d'autre que de me cajoler.

Je ne suis pas sûre d'avoir une poitrine plus "libérée", mais je me sens apaisée. Je commence ma journée plus sereinement, plutôt que de me précipiter sur le premier point d'une liste de choses à faire longue comme le bras.

En fin de compte, le but premier de la vidéo n'est peut-être pas (encore) atteint dans mon cas. Mais ce qui est sûr, c'est que l'expérience m'a permis de m'octroyer une petite parenthèse essentielle à mon bien-être. Et de me conforter dans l'idée que le soutien-gorge n'a vraiment plus rien à faire dans mon placard. Et pour ça, je ne peux que recommander son visionnage.