6 super documentaires féministes à rattraper sur Netflix

Joan Didion dans le documentaire Netflix
Joan Didion dans le documentaire Netflix
Littérature, musique, politique... Bien souvent captivants, les documentaires que propose Netflix déclinent les révolutions féministes dans tous les champs culturels. Petit guide de docus cultes à dégoter illico sur la plateforme de streaming.
A lire aussi

Il fait toujours bon tuer l'ennui sur Netflix. A grands renforts de séries tendances et de films aux douces saveurs militantes par exemple. Mais aussi de documentaires étoffés, l'une des grandes spécialités du service de streaming pop. Et au sein d'une offre aussi plurielle que régulièrement renouvelée, six docus pas comme les autres ont notamment retenu notre attention.

Des films sur des femmes d'exception, et plus encore, sur des féministes, quel que soit la définition que l'on accole au mouvement et à ses nombreuses déclinaisons. Récits vivaces d'émancipation et de création, de mobilisations collectives et de parcours individuels... Ces histoires polyphoniques, ce sont nos six documentaires féministes à ne surtout pas louper.

Suivez le guide.

"Miss Americana"

"Miss Americana", l'odyssée émancipatrice de Taylor Swift.
"Miss Americana", l'odyssée émancipatrice de Taylor Swift.

Miss Americana, ou "la fantabuleuse émancipation de Taylor Swift", pourrait on résumer en détournant l'accroche du blockbuster Birds ou Prey. Car c'est bien cela qu'évoque cette plongée stimulante au coeur du processus créatif de la superstar de trente ans. Où il est question de la conception de l'album Lover, de la manière dont l'artiste investit la pop music, mais aussi du rapport (houleux) de cette dernière aux médias, à l'industrie, aux discours sexistes qui ont pu ponctuer sa carrière d'ex-reine de la country.

De Taylor, rien ne nous est vraiment caché, ni ses larmes, ni ses rires, ni même sa fatigue physique et mentale, aux antipodes des représentations glamour qui peuvent émaner de son personnage public. Un documentaire introspectif donc, mais aussi l'histoire d'une jeune femme désirant se libérer des énormes pressions et injonctions qui l'environnent pour tracer sa propre route.

Forcément inspirant.

"Roe v. Wade : La véritable histoire de l'avortement"

"Roe v. Wade : La véritable histoire de l'avortement", un demi siècle de luttes féministes.
"Roe v. Wade : La véritable histoire de l'avortement", un demi siècle de luttes féministes.

Il y a de ces intitulés qui ont façonné l'histoire américaine. Roe v. Wade est de ceux-là. Cet arrêt délivré par la Cour Suprême des Etats Unis en 1973 a permis l'intégration à la constitution de la nation du droit à l'avortement, et ce au bout d'un long combat juridique. Seulement voilà, des décennies plus tard, cette fondamentale légalisation de l'interruption volontaire de grossesse est toujours autant fragilisée outre-Atlantique.

Surtout lorsque l'on tourne les pages du tout récent chapitre Donald Trump. C'est de cette situation, et aussi de cette mobilisation historique, dont rend compte ce documentaire instructif de 2018 réalisé par Ricki Stern et Anne Sundberg. L'idéal pour retracer un demi siècle de combats – encore en cours ! - en privilégiant une approche aussi factuelle que polyphonique, les voix les plus conservatrices côtoyant les paroles militantes. Un témoignage nécessaire.

Récemment encore, l'Arkansas promulguait l'adoption d'une loi interdisant totalement l'avortement (même en cas de viol). C'est dire si cette "véritable histoire de l'avortement" est toujours "in progress", comme le disent les anglophones. Raison de plus pour l'avoir bien à l'esprit.

"The Story of Diana"

"The Story of Diana", biopic d'une icône pop et politique.
"The Story of Diana", biopic d'une icône pop et politique.

Avis à celles et ceux qui ont binge watché les quatre saisons de la fresque The Crown, pas d'inquiétude : ce ne sont pas les documentaires sur la famille royale qui manquent sur Netflix. Et notamment les focus faits sur la fascinante Diana Spencer, alias Lady Diana, ou Lady Di pour les intimes. Preuve en est de ce portrait remarquable qu'est The Story of Diana. Un documentaire dont le nom résonne comme un conte de fées. Hélas, la réalité des faits n'a pas grand-chose d'une féerie Disney.

Retour sur la vie, l'ascension et la chute de la compagne à la fois vénérée et calomniée du prince Charles, ce documentaire ABC s'attarde sur l'acharnement médiatique dont fut victime la princesse de Galles. Car si l'odyssée Lady Di, malheureusement tragique, se lit dans les biographies historiques et les scénarios de fictions, c'est encore les tabloïds d'époque qui, par leur virulence, rendent comptent de ce qu'a du subir la jeune femme défunte.

Des témoignages du cercle intime de Diana Spencer viennent appuyer la qualité informative de ce biopic d'une icône qui, dès sa garde-robe, savait délivrer de vrais messages féministes.

"Gloria Allred : l'avocate des femmes"

 

"Gloria Allred : l'avocate des femmes", les mille et un combats d'une femme engagée.
"Gloria Allred : l'avocate des femmes", les mille et un combats d'une femme engagée.

Ardu de s'attaquer au monument Gloria Allred. Outre-Atlantique, cette avocate américaine spécialisée dans les droits des femmes et des minorités est une véritable légende aussi bien juridique et politique que médiatique. Au cours de ces procès au fort retentissement, Gloria Rachel Allred de son nom complet a aussi bien défendu 29 des cinquante femmes accusant le comédien Bill Cosby de viol que deux des victimes présumées de l'ancien producteur Harvey Weinstein.

Mais elle aussi fait porter la voix de Summer Zervos, l'une des nombreuses plaignantes de l'ex-président Donald Trump. Et encore, cela ne représente qu'un petit bout du curriculum vitae d'une avocate qui a des décennies durant milité pour le respect des droits des afro américains, des homosexuels et des lesbiennes. Des combats pleins de rhétorique sur lesquels s'attarde ce documentaire minutieux. Non sans s'exercer à éclaircir cette interrogation : comment donc devient-on Gloria Allred ?

De ses drames poignants (son viol par un médecin dans les années soixante) à ses plus intimes convictions (en faveur du droit à l'avortement notamment), de ses plaidoiries se déployant jusqu'aux plateaux télévisés à sa croisade contre le harcèlement sexuel, vous saurez tout – ou presque – de cette femme engagée.

"Joan Didion : Le centre ne tiendra pas"

"Joan Didion : Le centre ne tiendra pas", documentaire sur l'écrivaine myhtique.
"Joan Didion : Le centre ne tiendra pas", documentaire sur l'écrivaine myhtique.

Les documentaires dédiés aux écrivaines sont aussi rares qu'une émission de Cyril Hanouna sans misogynes. Et pourtant, Dieu sait qu'il y a à faire ! Raison de plus pour dégoter illico cette ode à l'une des autrices les brillantes de la culture américaine : Joan Didion. Romancière, scénariste et poétesse magistrale pour beaucoup, mais aussi énigmatique, insaisissable, à l'image de sa plume qui glisse d'un art à l'autre sans perdre de son éclat.

Que peut-on dire de Joan Didion ? Que ses fictions sont peuplées de personnages féminins marquants. Que sa vie, romanesque et dramatique, est faite de deuils - l'on pense notamment à la maladie de sa fille unique et au décès brutal de son mari. Qu'elle a participé, aux côtés d'écrivains majoritairement masculins (comme Tom Wolfe et Normal Mailer), au courant littéraire révolutionnaire du Nouveau Journalisme. Qu'on lui doit également la co-écriture de l'un des meilleurs films des années 70 : Panique à Needle Park, avec Al Pacino.

On pourrait continuer longtemps ce listing. Le mieux reste encore de découvrir en images cette femme refusant les étiquettes. C'est son neveu en personne qui a réalisé ce précieux documentaire, forcément intimiste.

"Les règles de notre liberté"

"Les règles de notre liberté" nous rappelle la force politique des menstruations.
"Les règles de notre liberté" nous rappelle la force politique des menstruations.

Les règles de notre liberté n'est pas n'importe quel documentaire. Primé aux Oscars, ce film en forme de poing levé nous rappelle l'alarmante situation des femmes en Inde. Au sujet des violences sexuelles, mais aussi de la précarité menstruelle, qui fait souffrir tant de jeunes citoyennes délaissées. Les règles des étudiantes notamment n'ont pas droit de cité. Règles ignorées, oui, mais surtout stigmatisées, pour ne pas dire diabolisées.

Il faut dire que dans le pays, et dans bien d'autres horizons malheureusement, les menstruations font toujours l'objet des pires préjugés, sources de légendes et superstitions archaïques. Un tabou à ce point ancré dans la culture qu'obtenir des serviettes hygiéniques a parfois tout du combat politique. C'est cette lutte profondément militante que met en avant Les règles de notre liberté. Adéquat pour éveiller les consciences.