Pourquoi vous ne devriez jamais appuyer sur la touche "Snooze" de votre réveil

Pourquoi vous ne devriez pas appuyer sur le bouton snooze de votre réveil
Pourquoi vous ne devriez pas appuyer sur le bouton snooze de votre réveil
Si vous avez tendance à systématiquement retarder votre réveil en vous disant que vu votre état de fatigue, 5 minutes supplémentaires, c'est toujours ça de pris, arrêtez immédiatement : ce geste faussement innocent est en grande partie responsable de vos maux matinaux.
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La paresse est un vilain défaut, paraît-il. Mais étant donné qu'en moyenne, un Français ne dort que 6h par nuit, au lieu du grand minimum de 8h que les scientifiques préconisent, on s'est tous déjà retrouvé à appuyer systématiquement sur la touche "snooze" de son réveil pour prolonger sa nuit d'encore quelques instants. Sauf qu'en réalité, en voulant vous ménager... vous vous rendez la tâche encore plus difficile.

En effet, retarder son réveil tous les matins pour vous offrir quelques minutes de sommeil supplémentaires revient exactement au même que se débattre pour se sortir de sables mouvants : sans le savoir, vous initiez un cercle vicieux qui rend vos levers encore plus pénibles. Quelques explications scientifiques sur ce phénomène d'auto-torture involontaire .

"Snooze" : un bouton-piège

Snooze : le bouton-piège qui fait de vos matinées un cauchemar
Snooze : le bouton-piège qui fait de vos matinées un cauchemar

Dan Ariely , professeur de psychologie à l'université de Duke (Etats-Unis) et spécialiste du comportement, s'est penché sur la question – et il fait voler en éclats toutes les idées reçues qu'on pouvait avoir sur le réveil. En effet, il explique dans un dialogue ouvert avec les lecteurs du Wall Street Journal que repousser son heure de lever pour bénéficier d'un peu plus de sommeil vous nuit et vous fatigue plus qu'autre chose. En effet, pour que nos réveils soient moins douloureux, il faut qu'ils suivent une routine fixe, de sorte que le cerveau "automatise" cette partie de la journée et la gère mieux, malgré votre fatigue."En d'autres mots, appuyer sur le bouton snooze rompt le lien mental entre le son de l'alarme et la nécessité de se lever, ce qui rend plus difficile la manière de déterminer quel est le bon moment de quitter votre lit", résume le New York Magazine .

Et ce n'est pas la première fois que l'on met en évidence le côté obscur de ce bouton snooze qu'on affectionnait tant : Fast Compagny, qui avait étudié les effets du snooze sur notre organisme , avait déjà conclu en 2013 que retarder son réveil pour se rendormir empêchait d'atteindre le sommeil profond, le seul véritablement réparateur, et ne permettait donc pas du tout de se débarrasser de la fatigue du réveil.

Ainsi, moins vous aurez de routine matinale, plus vous réveiller sera pénible. Dan Ariely explique qu'il faut que votre cerveau assimile la sonnerie du réveil à un signal de fin de sommeil. Une fois que cette assimilation est faite, à chaque fois que vous entendrez l'alarme, votre cerveau réagira immédiatement : c'est en fait une question de réflexe automatique, qu'on appelle aussi réflexe pavlovien.

Le réveil : un réflexe pavlovien parmi d'autres

Bien se réveiller : une histoire de conditionnement du cerveau
Bien se réveiller : une histoire de conditionnement du cerveau

Le médecin russe Pavlov avait théorisé le conditionnement du cerveau en réalisant des expériences sur un chien : à chaque fois qu'il faisait sonner une cloche, il lui amenait une gamelle de nourriture. Après un certain temps, le chien se mettait à saliver et à baver dès qu'il entendait le son de la cloche, parce qu'il l'avait assimilée au repas. Les stimuli de notre environnement peuvent donc, lorsqu'ils sont correctement catalogués par notre cerveau, produire des réactions automatiques de l'organisme. Il en va de même pour le réveil : si l'on se lève systématiquement lorsqu'on entend notre sonnerie, notre cerveau assimilera l'alarme du réveil au lever, et s'habituera à se "mettre en marche" beaucoup plus rapidement

Par contre, si vous abusez tous les jours du bouton snooze, vous perturbez votre cerveau et empêchez le conditionnement : ce dernier ne sait plus s'il doit assimiler la sonnerie du réveil à la fin du sommeil ou à sa reprise, pour cinq, dix ou trente minutes, en fonction de votre état. Dans l'incapacité d'automatiser le réveil, il nage en pleine confusion et ne parvient pas à envoyer un message clair à votre organisme. C'est ce qui accentue cette sensation de mal-être physique et mental que vous expérimentez chaque matin et que même une dizaine de cafés peine à dissiper. Plus vos réveils sont automatiques à l'inverse, plus vous gagnerez en vitalité et en énergie tout au long de votre journée.

Prenez donc l'habitude de régler votre réveil à l'heure exacte où vous devez vous lever : aussi improbable que ça paraisse, cela pourrait vous réconcilier avec le matin (oui, même les lundis).