Non, les femmes ne seraient pas plus "émotives" que les hommes

Les femmes, plus émotives que les hommes ? Préjugé ! C'est en tout cas ce que suggèrent de nouvelles recherches scientifiques, qui viennent mettre à mal bien des clichés sexistes.
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"Un homme dont les émotions fluctuent lors d'un événement sportif est qualifié de 'passionné', mais une femme dont les émotions changent serait quant à elle 'irrationnelle' ". C'est ce triste préjugé sexiste qu'épingle la professeure de psychologie Adriene Beltz. Dans sa nouvelle étude, relayée par la revue Scientific Reports, la chercheuse s'attarde sur un préjugé : le fait que les femmes soient jugées "plus émotives" que les hommes.

En prenant en compte le cas de 142 hommes et femmes suivis pendant 75 jours, femmes ayant recours (ou non) à diverses formes de contraceptifs (lesquels "stabilisent" les fluctuations hormonales, dixit l'étude), cette recherche démontre que les émotions des hommes "fluctuent dans la même mesure" que celles des femmes étudiées, comme le synthétise le site spécialisé Pourquoi Docteur.

"Les différences sont faibles"

Les femmes ne seraient pas plus émotives que les hommes, affirme la science
Les femmes ne seraient pas plus émotives que les hommes, affirme la science

"Les femmes ont été historiquement exclues de la participation à la recherche en partie à cause de l'hypothèse selon laquelle les fluctuations hormonales ovariennes entraîneraient des variations au niveau des émotions. Cette recherche démontre qu'il y a peu d'indications concernant l'influence des hormones ovariennes sur la variabilité affective des femmes", avance l'étude.

Cette recherche démontre que les fluctuations des émotions existent dans les deux sexes. "Même s'il existe des différences, celles-ci sont probablement faibles", nous affirme-t-on.

Et ce, même si les éléments déclencheurs des émotions peuvent, quant à eux, différer. "Nous n'avons pas non plus trouvé de différences significatives entre les groupes de femmes [celles qui prennent des contraceptifs et celles qui n'en prennent pas, ndlr], ce qui montre clairement que les hauts et les bas émotionnels sont dus à de nombreuses influences, pas seulement aux hormones", affirme encore la professeure en psychologie.

L'experte espère dès lors déboulonner bien des "justifications erronées". On l'espère, pour le bien de la science non-sexiste.

 

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