Pourquoi Viola Davis en a (vraiment) marre d'être appelée la "Meryl Streep noire"

Viola Davis pousse son coup de gueule.
Viola Davis pousse son coup de gueule.
"Payez-moi ce que je vaux !". Une ancienne interview coup de poing de l'actrice afro-américaine Viola Davis fait sensation sur les réseaux sociaux. Avec éloquence, la star rappelle la réalité des inégalités professionnelles du côté de l'usine à rêves.
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Vous la connaissez très certainement pour ses performances remarquées dans des films à succès comme La couleur des sentiments, mais aussi des séries applaudies - telle la production ABC How to Get Away with Murder. Viola Davis est une actrice qui n'a plus rien à prouver. Un Golden Globe et un Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle - pour le film Fences - l'ont d'ailleurs démontré en 2017.

Et aujourd'hui, la comédienne afro-américaine fait de nouveau sensation. La raison du buzz ? Une interview qui date de 2018 mais qui, partagée de nouveau, a suscité des millions de retweets et de likes sur les réseaux sociaux. Une vidéo où elle explique, avec humour et éloquence, qu'elle en a marre, vraiment marre, d'être qualifiée de "Meryl Streep noire". Un compliment qui n'en est pas vraiment un.

Car derrière le caractère plutôt déplacé (pour ne pas dire raciste) de cette formule se dévoile une réalité que Viola Davis n'hésite pas à tacler lors de cet entretien. "J'ai un Oscar, j'ai un Emmy Award, j'ai deux Tony Awards (récompensés délivrées aux musicals, ndrl), j'ai été à Broadway. J'ai une carrière qui est probablement comparable à celle de Meryl Streep, et pourtant je n'ai pas le même salaire, ni les mêmes opportunités d'emploi, loin de là". Une vérité qui dérange.

Une belle piqûre de rappel

"On m'appelle, on me dit que je suis 'la Meryl Streep noire', 'Il n'y a personne comme toi'... OK, alors s'il n'y a personne comme moi, si vous le pensez vraiment, et bien vous devez me payez ce que je vaux !", fustige encore l'actrice. Des paroles pleines de bon sens, qui ne peuvent que susciter l'adhésion. Les internautes l'expriment d'ailleurs largement en dessous de cette vidéo.

"Donnez-lui de l'argent, et des rôles !", s'enthousiasme une voix anonyme. Une autre, celle de la comédienne Myesha Tiara, témoigne : "Je suis une actrice noire au sein de l'industrie et c'est ce qu'il se passe tout le temps. Nous travaillons 10 fois plus dur et nous ne sommes pas payées comme nous le méritons".

Car à Hollywood, les inégalités professionnelles perdurent. Une enquête de Forbes mise en ligne l'an dernier nous apprenait ainsi que lorsque les comédiens (blancs) gagnent un dollar, les actrices de couleur, elles, remportent... 60 centimes en moyenne. Non seulement la disparité salariale perdure entre acteurs et actrices (rappelons que les actrices gagnent quasiment 2 millions de dollars de moins par film que les acteurs à Hollywood), mais elle est d'autant plus intense pour les comédiennes racisées. Viola Davis l'énonce avec clarté.

"Lorsque nous parlons de racisme systémique, nous ne parlons pas seulement de brutalités policières. Viola Davis parle des inégalités salariales et cela existe à tous les niveaux de notre société, du docteur à celui ou celle qui fait la plonge", tacle à l'unisson un internaute. Et c'est en partie pour cela que le surnom de "Meryl Streep noire" fait bien grincer des dents comme il faut. "De plus, pourquoi appeler quelqu'un 'la version noire' d'une personne blanche ?", s'interroge à juste titre une internaute sur Twitter.

Avant de conclure : "Si vous souhaitez travailler avec Viola Davis, payez-la bien !". CQFD.