"Subversive mais pas agressive" : Angèle dégomme la Une (sexiste) de "Paris Match"

 Angèle au défilé défilé Chanel lors de la Fashion Week à Paris, le 3 mars 2020
Angèle au défilé défilé Chanel lors de la Fashion Week à Paris, le 3 mars 2020
Dans cette photo : Angèle
La chanteuse Angèle a assez peu goûté la Une de "Paris Match" qui la présente comme "subversive mais pas agressive". Et elle a balancé avec humour.
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Angèle pose en tailleur rose, la main sagement calée sous le menton. "Subversive mais pas agressive", comme le titre Paris Match sur cette Une parfaitement réac. Car en sous-texte, le magazine laisse tout simplement entendre que la chanteuse, engagée contre le sexisme, ne fait pas partie de cette "horde" de féministes enragées et vociférantes. Qu'elle est aussi inoffensive comme princesse Disney. Rassurante et acceptable.

Un cliché sexiste qui assimile donc la colère légitime des femmes pour faire valoir leurs droits à de l'agressivité. Parce qu'une femme se doit d'être douce, c'est bien connu. Et ne surtout pas trop l'ouvrir. Ça rassure, une Angèle "pas agressive", qui pose toute de rose bonbon vêtue sur cette couverture d'un autre temps.

Seulement voilà, Angèle goûte assez peu aux clichés. Et elle l'a fait savoir dans une story publiée sur son compte Instagram.

"La photo date de 2018. Je ne l'avais jamais validée. Au-delà du fait qu'ils vendent cette photo en couverture sans mon consentement, en considérant que j'ai pas mon mot à dire, ils rallient mon nom, mon image et toute une 'génération' carrément dans la case : jeune fille (en rose) qui ose donner son avis (donc 'subversive'... Il en faut peu hein) mais sans être 'agressive'.

Oulala heureusement que je fais pas partie de ces vilaines féministes violentes et hystériques. Parce que OK, on l'ouvre, mais en restant jolies et polies SVP", raille la jeune Belge.

"Gros boomer du jour, en toute détente", conclut-elle avant de citer un passage lunaire de l'article qui lui est consacré : "'Dénonce sans crier, s'affirme féministe sans s'exhiber, parle rap sur un ton de princesse Disney'. Plus décrédibilisant et sexiste, tu meurs".

De quoi inspirer un futur à la chanteuse, qui avait déjà dénoncé ces stéréotypes archaïques dans l'hymne féministe Balance ton quoi repris en coeur lors des marches comme le 23 novembre dernier et ce 8 mars, journée internationale des droits des femmes : "Les gens me disent à demi-mot/Pour une fille belle t'es pas si bête/Pour une fille drôle t'es pas si laide".