"Pas vital" ? Des femmes réprimandées pour l'achat de protections hygiéniques

Des femmes réprimandées pour l'achat de protections hygiéniques pendant le confinement
Des femmes réprimandées pour l'achat de protections hygiéniques pendant le confinement
Plusieurs témoignages émergent sur les réseaux sociaux. Alors qu'elles étaient sorties se procurer des produits périodiques ou un test de grossesse, ces femmes se sont fait réprimander, voire verbaliser en plein confinement. La raison ? Leurs achats ne rentreraient pas dans la case "première nécessité".
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Depuis le 17 mars, les mesures du confinement impliquent, à juste titre, que les sorties soient extrêmement limitées. On ne peut mettre un pied dehors pour faire une course que pour subvenir à ses "besoins de première nécessité", et toujours muni·e d'une attestation de déplacement dérogatoire dûment remplie. Dans le cas où l'on ne respecterait pas ces consignes imposées pour endiguer l'épidémie de Covid-19, on écoperait d'une verbalisation accompagnée d'une amende allant jusqu'à 135 euros. Un prix salé qui devrait nous dissuader de quitter notre foyer pour trois tomates non essentielles à notre survie, et c'est tant mieux.

Seulement, certains produits sont plus indispensables que d'autres. Et c'est notamment le cas des serviettes, des tampons et autres protections périodiques, qui permettent aux personnes menstruées de vivre leurs règles dignement. Pourtant, si l'on en croit les témoignages publiés sur Twitter, certains membres des forces de l'ordre ont eu du mal à comprendre l'urgence de l'achat. Plusieurs femmes ont ainsi partagé leur expérience, racontant qu'on les avait réprimandées, voire menacées d'une amende, alors qu'elles revenaient du supermarché produits hygiéniques à la main.

"J'ai demandé mon chéri de me ramener des serviettes hygiéniques lundi soir, il était en règle attestation, carte d'identité etc...", rapporte une internaute, dont le témoignage a été partagé par le collectif féministe Georgette Sand. "Mais il a reçu 135 € d'amende 'parce que si madame en avait vraiment besoin, elle a qu'à sortir les chercher elle-même'". Une autre s'indigne : "Je suis sortie acheter des serviettes hygiéniques et là, un flic m'arrête et veut me verbaliser parce que c'est pas "vital" ? Donc des gens qui font la queue sur 50 mètres pour des clopes, c'est ok, mais une nana qui veut acheter des tampons c'est un scandale ?".

Tests de grossesse et contraception aussi visés ?

Une autre a rencontré une situation similaire, venant d'une policière cette fois, alors qu'elle partait chercher un test de grossesse à la pharmacie. "Je suis tout à fait OK pour limiter au maximum nos circulations à l'extérieur et de nous contrôler pour qu'on les limite", écrit Anlya sur Twitter. "Mais par contre que la police estime que chercher un test de grossesse à la pharmacie n'est pas un motif de santé nécessaire, ça me pose question là". Pourtant, selon le Syndicat national des gynécologues-obstétriciens de France, "le suivi de grossesse est en effet essentiel et doit être maintenu", tout comme le recours à l'IVG.

Interpellée par l'association féministe Georgette Sand sur les réseaux sociaux, Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité femmes-hommes, a "confirmé" que, dans le cadre de déplacements exceptionnels et dérogatoires, un·e policier·e ne pouvait verbaliser l'achat de protections menstruelles. Elle a également publié un texte officiel, co-signé par Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé, afin de préciser que "aucune femme en France ne peut être empêchée d'accéder à la contraception".

S'il est fortement recommandé de grouper ses achats et d'anticiper ses besoins afin de limiter au maximum ses déplacements, les produits hygiéniques restent un besoin de nécessité - et il arrive que l'on doive s'en procurer en urgence. Un fait qui, en 2020, cinq ans après la polémique sur la "taxe tampon", a encore du mal à rentrer dans les esprits.