Pourquoi vos collègues vous manquent plus que vous ne le pensiez

Solitude du télétravail
Solitude du télétravail
Le confinement n'a pas été sans conséquences sur notre santé mentale... et notre vie professionnelle. Malgré la banalisation du télétravail et l'usage des nouvelles technologies, les interactions sociales commencent à manquer. Si, si.
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"En terme de télétravail, on observe en période de confinement que tout l'aspect "santé mentale" n'a pas été suffisamment pris en compte. Les entreprises n'ont pas fait attention à ce point très important", déplorait la professeure des universités en sciences de gestion Aurélie Dudézert. Oui, confinement et déconfinement ne sont pas forcément bénéfiques à notre équilibre mental. Une harmonie pourtant nécessaire quand il est question de nos vies professionnelles. Et de nos vies tout court.

Au creux de ces interrogations se pose bien sûr la question des interactions humaines. Malgré l'appropriation d'outils ingénieux comme Zoom et Skype, très vite devenus nos fidèles compagnons de travail, force est de constater que rien ne remplace les échanges de vive voix, pas même les plus interactives des technologies (c'est d'ailleurs ce que nous apprend un film comme Her). Oui, il faut l'avouer, en dépit des perturbations que peut engendrer un cadre comme celui de l'open space, nos collègues nous manquent, et c'est bien normal.

Car consoeurs et confrères de bureau représentent, plus qu'une simple présence humaine, une véritable composante relationnelle, pas si anodine quand l'on se retrouve tiraillé·e entre l'ennui et l'anxiété - des maux dont ils peuvent tout à fait être les remèdes. Mais comment conserver ce lien tout en bossant à distance ?

Un manque d'interactions sociales

Les journées sans collègues, un réel manque relationnel.
Les journées sans collègues, un réel manque relationnel.

Pas de panique, voici quelques pistes pour ne pas perdre pied trop vite. Tout en élaborant nos propres routines à domicile, il convient de garder le contact avec ses collègues en dehors des heures de taf, qu'importe votre préférence - appels téléphoniques, jeux en ligne, conversations instantanées sur les réseaux sociaux, sans oublier les fameux "skypéros". De quoi enrichir vos relations et rendre les échanges moins "automatiques". Et, qui sait, mieux connaître celles et ceux qui d'habitude arpentent l'espace de co-working.

Autre soluce ? Relativiser ce que nous vivons. Se dire que cette période de (dé)confinement imposant le télétravail comme nouvelle norme ne durera pas éternellement. Que les choses, lentement mais sûrement, vont reprendre leur cours. Et que les retrouvailles ponctuées de pauses-cafés ne sont pas si lointaines - quand bien même il faudrait respecter le mètre de distance si élémentaire. Si vos collègues vous manquent, il y a fort à parier que les retrouver ne pourra qu'améliorer des relations professionnelles que l'on espère déjà lumineuses.

Sachez enfin que si vous éprouvez ce sentiment d'absence, vous n'êtes pas seul·e. Une enquête de l'agence de marketing PR Pioneer a révélé que parmi 3 500 employé·e·s sondé·e·s, pas moins de un sur trois souffraient de cet éloignement d'avec leur "partenaire de bureau" - c'est-à-dire leur·e meilleur·e ami·e de taf. Rien de surprenant : selon l'étude, la connexion que nous entretenons avec nos collègues est synonyme de bien-être et de créativité, de confiance en soi, de motivation et de bonheur. Autant de facteurs allégeant les risques de burn out.

"Avec le télétravail, certain·e·s employé·e·s en sont venu·e·s à reconsidérer la place capitale de l'humain dans le travail, comme s'ils l'avaient oublié entre-temps", observe l'experte Aurélie Dudézert. Cette prise de conscience expliquerait en partie cette attention que nous portons à nos collègues lorsqu'ils sont (trop) loin. Une impression qui suscite l'optimisme : car qui y'a-t-il de négatif à redécouvrir l'importance de l'humain dans la vie pro ?

Pas de quoi broyer du noir donc. Cette période pourrait même enrichir votre retour au bureau, comme un nouvel élan. Et, qui sait, vous faire apprécier tous les petits trucs d'open space trop ignorés jusqu'alors. Oui oui, même "les habitudes les plus irritantes" de celles et ceux qui partagent votre travail, ironise le magazine britannique Stylist. On parie ?