#TenezvosPromesses : elles pressent le gouvernement à agir face aux violences conjugales

#TenezVosPromesses, le hashtag choc de l'association Putain de Guerrières.
#TenezVosPromesses, le hashtag choc de l'association Putain de Guerrières.
Dans cette photo : Marlène Schiappa
Sur Instagram, les femmes victimes de violences interpellent directement la secrétaire d'Etat Marlène Schiappa, remettant notamment en question la fiabilité du numéro d'urgence 39 19. Le mot d'ordre ? #TenezVosPromesses. Une prise à parti nécessaire.
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#TenezVosPromesses. #NeRienLaisserpasser. On ne peut pas faire plus éloquent ! Ces puissantes assertions, l'association de lutte contre les violences conjugales Putain de guerrières les décoche aujourd'hui à destination de Marlène Schiappa. Le temps de quelques publications virales et nécessaires, le collectif féministe a directement pris à parti la secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes.

Dans sa publication initiale, l'association remet notamment en cause la fiabilité du 3919, ce numéro d'écoute national permettant d'agir contre les violences conjugales, abondamment relayé par Marlène Schiappa. "Nous sommes plusieurs à avoir appelé le 3919 dans la nuit en urgence. Et contrairement aux promesses de Marlène Schiappa, nous nous sommes toutes retrouvées en communication... avec le répondeur !, fustige le post.

"Or les violences conjugales n'ont pas d'horaires, ni de jour ouvré, elles s'incrustent dramatiquement dans nos quotidiens sans prévenir. Pour s'adapter aux danger qui nous menacent, ce service doit être joignable 7j/7j et 24h/24h. Pas de pause, Pas de répit. Surtout la nuit !". La nuit, c'est ce moment "où tout le monde ferme ses yeux", détaille la publication. Et il ne faudrait pas que la secrétaire d'État en fasse de même.

C'est d'ailleurs pour cela qu'il faut relayer ce mot-clé sans plus tarder : #TenezVosPromesses.

"Chère secrétaire d'Etat..."

Plus que des promesses en vérité, l'association Putain de guerrières en appelle aujourd'hui à "des financements et du concret". Comme un écho aux cinglants reproches qui ont déjà pu être faits par de nombreuses associations féministes à l'égard du Grenelle des violences conjugales l'an dernier. Osez le féminisme avait par exemple fustigé dans un communiqué de novembre 2019 "les politiques publiques insuffisantes et le manque criant de budget pour répondre aux exigences et à l'urgence de la lutte contre les violences".

L'annonce des grands projets du Grenelle avait pour bien des raisons abouti à une "grande déception", nous expliquait en novembre dernier Laura Jovignot, membre du collectif Nous Toutes. Entre autres choses parce qu'un grand nombre de ces mesures "existent déjà depuis des années", soulignait-elle.

 

"Chère secrétaire d'Etat, communiquer c'est bien mais agir c'est mieux, surtout quand il s'agit de sauver des vies", tacle encore Putain de guerrières, suggérant à sa destinataire influente de délivrer "une petite note" à sa consoeur, la ministre de la Justice Nicole Belloubet, "en lui demandant de ne pas oublier les bracelets anti-rapprochement qui devaient sortir début janvier et dont on a toujours pas vu la couleur".

Une allusion à l'une des multiples promesses mises en avant par le Premier ministre Edouard Philippe et Marlène Schiappa l'année dernière : pourvoir les auteurs de violences conjugales desdits bracelets afin que ceux-ci soient mis à distance. Plus de mille de ces objets auraient ainsi dû être distribués en ce début d'année... Une énième déception donc, auquel rétorque ce "Tenez vos promesses" qui nous renvoie à l'invective de la militante féministe Caroline De Haas à l'adresse du gouvernement suite au meurtre de Sylvia Walter par son ex-conjoint : "Réagissez !".

"Arrêtez votre surenchère médiatique mesdames, tenez plutôt vos promesses. Rassurez-vous, on ne vous lâchera pas !", achève avec virulence l'association de lutte contre les violences conjugales. Un message qui a fait l'effet d'une traînée de poudre.

Sur Instagram, bien des internautes s'unissent désormais contre cette "surenchère médiatique" et ce manque d'initiatives concrètes de la part du gouvernement français. Ces femmes indignées posent en mode selfie, un mot-clé inscrit sur la main : #TenezVosPromesses.

Des photographies fortes, relayées sur la page de Putain de guerrières. Celle-ci invite d'ailleurs ses "followers" à suivre le mouvement. L'un de ces clichés, abondamment commenté, affiche un autre mot d'ordre : #NeRienLaisserPasser. Pas de doute, le message, lui, est bien passé. Jusqu'aux oreilles de la secrétaire d'Etat ?