Pourquoi le "sport du dej'" cartonne à l'ère du Covid (et comment s'y mettre)

Pourquoi le "sport du dej'" cartonne à l'ère du Covid (et comment s'y mettre)
Pourquoi le "sport du dej'" cartonne à l'ère du Covid (et comment s'y mettre)
Entre les confinements, le télétravail et le caractère anxiogène de la situation actuelle, beaucoup se sont mis·e·s à faire du sport... à l'heure du déjeuner. Et cette tendance du "sport du dej'" aurait des vertus autres que purement physiques. On vous explique.
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2020 aura bouleversé bien des habitudes. Rendant certaines impossibles, créant des nouvelles. La dernière repérée en date ? La séance de sport que beaucoup s'appliquent religieusement à suivre entre midi et deux depuis maintenant quasi un an. Vingt, trente minutes, voire une heure de cardio, d'étirements, de yoga qui font du bien au corps et à l'âme, et apaisent un stress profondément ancré.

Cette tendance s'intitule sobrement "lunch workout", ou "sport du dej'", et si elle ne semble pas révolutionner le monde du fitness - on n'a pas attendu d'être confiné·e·s pour s'entraîner en milieu de journée - elle convainc par la pause nécessaire qu'elle permet dans un quotidien devenu bien monotone. Et un exutoire indispensable lorsqu'on ne peut pas vraiment relâcher la pression en allant boire l'apéro avec ses potes. Même si ça veut dire transformer son salon en gym.

Car à l'ère du Covid-19, le "sport du dej'" ne se pratique pas dans une salle bondée qui pue l'effort, le claquage et la transpi, mais dans son intérieur, voire sa terrasse ou son jardin pour les chanceux·ses. A la place de se laisser guider par un pro en face à face, ou de s'épuiser sur quelques machines communes, on s'installe confortablement devant son ordi, suivant le live d'un·e coach sportif, prof de ballet, influenceuse yogi qui donne le rythme. On est seul·e chez soi et nombreux·ses sur la Toile à suivre des mouvements qui nous arrachent quelques grognements. Et on en redemande.

Preuve de l'engouement : de nombreux établissements ont constaté cette dernière année un pic d'inscriptions aux séances virtuelles à ce moment-là. Le question demeure cependant : pourquoi s'imposer une activité pendant notre coupure repas ? Et surtout, comment faire pour adhérer à cette nouvelle routine "boulot, exos, dodo" ? On vous répond.

Les bienfaits actuels du sport entre midi et deux

Déjà, l'argument pratique : puisqu'on bosse de chez soi, on n'a nulle part où aller et personne avec qui discuter à la pause déjeuner autour d'un poke bowl médiocre ou d'un kebab aux frites trop molles. L'occasion est donc toute trouvée pour transformer 60 minutes de scroll sans but sur les réseaux en exercices physiques, quel que soit notre niveau.

A noter également que, aussi réalisable fut la manoeuvre quand on se rendait encore au bureau, elle exigeait une organisation certaine pour éviter de revenir en nage et écarlate devant nos collègues à 14 heures. Sur ce point, désormais, on est peinard·e. Et puis, force est d'admettre que ça donne un rythme donc on manque cruellement ces derniers temps.

Ensuite, les avantages physiologiques et psychologiques. "Comme vous avez probablement déjà pris votre petit déjeuner, votre taux de glycémie a eu le temps d'augmenter après le repas, ce qui facilite les exercices de haute intensité", avance à Refinery29 Anthony Hackney, professeur de physiologie de l'exercice et de nutrition à l'université de Caroline du Nord.

Et puis, se dépenser permettrait de mieux se concentrer par la suite. "[Une séance d'entraînement l'après-midi] peut vous aider à vous remettre en forme et à être plus présent plus tard dans la journée", garantit à son tour au site américain l'experte en remise en forme Jay Cardiello. Un atout que souligne également le site Runtastic, géré par Adidas, qui assure qu'en misant sur ce créneau "après une matinée stressante", on réussirait à "booster [son] énergie pour le reste de la journée".

Après des mois de télétravail et une motivation - comme une santé mentale - en berne, on prend. Mais comment ?

Comment s'y mettre

Déjà, quel sport choisir et combien de temps y consacrer ? Il s'agirait de se faire du bien, et pas de décharger nos batteries pour les jours à venir. Ou pire, de ne s'accorder aucun temps précieux dédié simplement à se reposer - et se sustenter, soit dit en passant. Selon la durée impartie par notre travail, on essaie de faire moitié moitié. Et de commencer par bouger, pour ensuite se détendre et manger, avant de reprendre notre dur labeur.

Côté discipline, le yoga a le vent en poupe. Et pour cause, il s'agit d'une pratique particulièrement propice à l'époque "en raison de ses propriétés réparatrices", détaille Julia Healey, directrice de ClassPass, une appli qui propose des cours de sport via abonnement mensuel. "Beaucoup estiment que le yoga soulage l'anxiété, met l'accent sur le contrôle de la respiration et aide à établir une routine. Avec tant de personnes cherchant des moyens d'équilibrer le stress de la pandémie, il est logique qu'il ait gagné en popularité".

Pour ce qui est de décompresser, il y a aussi la course à pied, accessible partout et surtout source de laisser aller comme de bouffée d'air frais. En courant, comme lors de n'importe quelle activité d'endurance, on se débarrasse des tensions, on fait le vide sans pour autant perdre l'intégralité de son énergie. "De nombreux adeptes de l'endurance disent qu'ils résolvent problèmes personnels et professionnels en pédalant ou en courant, parce que le cerveau vagabonde et tourne en roue libre", atteste le coach sportif Thibault Richard dans les colonnes du HuffPost.

Enfin, les pratiques qui défoulent. "Physiologiquement, le stress produit de l'adrénaline qui accroît vos capacités physiques pendant un court moment et s'avère donc extrêmement compatible avec la pratique d'un sport intense. De fait, vous faites peut-être partie de ceux qui évacueront mieux leur stress en se défoulant." Si l'équipement peut manquer, certaines restent abordables. Le renforcement musculaire avec petites haltères, élastique et le poids du corps par exemple, la Zumba en ligne ou les entraînements fractionnés à haute intensité (HiIT).

L'important en fin de compte, c'est de trouver ce qui nous convient le mieux, quitte à faire plusieurs essais. Et d'envisager cette plage horaire comme une réelle (et essentielle) déconnexion en plein milieu de notre journée. Un moment plus ou moins intensif que l'on aborde comme un défi, qui dynamise notre quotidien sans pour autant grignoter sur les précieuses heures du soir. Une habitude à laquelle on a envie de s'accrocher, que ce soit pour deux mois, deux ans - ou plus si affinités. Alors, il n'y a plus qu'à.